En faisant du rangement dans mes emails, je suis retombé sur un article sur l’AMSTRAD GX4000 que j’avais « pondu » à l’époque où je « sévissais » sur maxoegames.com.
En le relisant, j’ai eu une furieuse envie de rebrancher ma vieille console et ainsi de vous faire profiter de ce fantastique supplice moment…..!

Vous trouverez donc dans cette rubrique, que nous avons choisi de nommer « Les vieilleries du Jeu Vidéo », un dossier complet sur la fumeuse fameuse console du constructeur au crocodile : tests des meilleurs jeux et historique de la machine.

Bonne lecture et bon courage visionnage !

Olive

 


 

Article paru en février 2005 sur MaoxeGames.com

C’est en 1990 que le constructeur britannique de micro-ordinateurs, Amstrad, dirigé par le très opportuniste Alan Michel Sugar, décide de lancer une console de jeux 8 bits sur le marché européen. Fort de son énorme succès dans le monde de la micro-informatique, Amstrad pense alors pouvoir se mesurer aux ténors du genre que sont Nintendo et Sega…Bien mal lui en a pris…

La révolution CPC !

Mais tout d’abord un peu d’histoire…C’est en 1984 qu’un petit fabriquant de matériel HI-FI nommé AMSTRAD (pour ALAN MICHEL SUGAR Tradition) débarque sur la scène de la micro-informatique avec une idée révolutionnaire pour l’époque : vendre un ordinateur tout en un, que le client n’aurait plus qu’à brancher à une prise de courant, pour l’utiliser pleinement !
Cela peut paraître logique aujourd’hui, mais à cette époque, les ordinateurs étaient vendus en kit !
Il fallait acheter l’unité centrale, le moniteur et le lecteur de cassettes ou de disquettes séparément ; ce qui premièrement était contraignant pour les néophytes et surtout extrêmement coûteux, au final. Par exemple, en 1984, le Commodore 64 (principal concurrent d’Amstrad) coûtait avec tous ses accessoires au complet, la modique somme de 10 000 francs (soit 2600 euros, d’aujourd’hui) !
Là où intervient le génie marketing de Sugar, c’est de proposer un ordinateur complet pour moins de 3000 francs (450 euros) ! Pour 2999 francs exactement : une petite révolution !
Le premier modèle baptisé Amstrad CPC 464 et ses successeurs se vendront à des millions d’exemplaires en Europe…

Le CPC 464

 Le marché console nouvel El Dorado ?

Toutefois à la fin des années 80, Amstrad voit ses ventes chuter de manière vertigineuse à cause de l’arrivé des ordinateurs 16 bits tels que l’Amiga ou l’Atari ST, mais également à cause des consoles de salon 8 bits, que sont la Sega Master System et la Nintendo NES…

A ce moment Amstrad décide de frapper un grand coup en lançant une console de jeu basée sur l’architecture de ses nouveaux ordinateurs : les CPC Plus (évolution de la gamme CPC Classique). Le but étant de devancer Nintendo et Sega dans le lancement de leurs futures consoles 16 bits : la SNES et La MegaDrive (celles-ci devant arriver dans les prochains mois).

Le CPC 6128 Plus

La première « vraie  » console européenne !

Pour assurer le succès de sa console, Amstrad décide de faire appel aux plus grands éditeurs européens, pour développer sur leur machine baptisée : GX4000.
Ces derniers se montrent très intéressés, le constructeur britannique ne demandant que peu de royalties pour pouvoir développer sur sa console…Contrairement aux sommes exorbitantes exigées par Nintendo et Sega.
Ce ne sont donc pas moins d’une cinquantaine de développeurs qu’Amstrad peut se targuer d’avoir rallié derrière la GX4000 !

Situation idéale me direz-vous ! Seulement voilà, à l’époque les meilleurs jeux console sont développés par des compagnies japonaises telles Capcom, Konami ou encore Namco ; des titres comme Street Fighter, Megaman ou Probotector résonnent aux oreilles des joueurs tel le chant des sirènes face à Ulysse…En d’autres termes les joueurs consoles ne connaissent pas ou très peu les développeurs européens plutôt habitués à développer sur micro-ordinateurs !

La GX4000 dans toute sa splendeur….

Vous avez dit dépassée ? Allons donc….

Et comme si cela ne suffisait pas, Amstrad commet une autre erreur…D’ordre technique cette fois ! La GX4000, censée être une console de nouvelle génération, n’est qu’une console 8 bits dérivée de la technologie vieillissante intégrée dans la gamme d’ordinateur d’Amstrad : les CPC Plus…Ce qui fait d’elle une console un peu plus puissante que la NES ou la SMS, mais techniquement bien loin de la PC Engine et des futures Super Nintendo et Mega Drive !
A l’heure où tous les magazines européens ne parlent que de ces futures bombes vidéo-ludique, les spécifications de la GX 4000 font pâle figure.

Malgré les critiques et les doutes émis par les professionnels du milieu, Alan Michel Sugar s’obstine dans son idée et déclare même dans Tilt (le magazine de référence de l’époque) que sa GX 4000 sera largement capable de rivaliser avec les futures 16 bits des constructeurs japonais et pourrait bien même les dépasser sur certains points et qu’en outre Amstrad n’avait aucune raison de lancer une console 16 bits…Les 8 bits de la GX 4000 suffisant largement !

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3…2…1…Mise à feu !

En ce mois de septembre 1990 Amstrad lance donc sa GX4000 en France et dans toute l’Europe, la console est vendue 990 francs (208 euros actuels) accompagnée de 2 manettes et d’un jeu. Le prix s’annonce correct, la Master System et la NES coûtant le même prix, mais en ne proposant une seule manette !
Les principaux distributeurs soutiennent la console et la GX4000 se retrouve, aux cotés des consoles Sega et Nintendo dans les linéaires de magasins…Accompagnée d’une dizaine de titres.
Ces derniers se révélant assez moyens, car n’étant que des conversions de jeux existants sur les ordinateurs CPC Plus ; Amstrad promettant des jeux exploitants les capacités réelles de la consoles dans les mois à venir !

Les premiers chiffres de vente étant encourageants, Amstrad se donna comme objectif de vendre 140 000 exemplaires de sa console entre septembre 1990 et mars 1991…Chiffre considéré comme étonnamment optimiste de la part des analystes et des magazines de l’époque !

Les cartouches de jeux

Un réveil douloureux !

Et les analystes avaient bien raison de se montrer pessimistes, car au moment d’annoncer les chiffres de ventes au mois d’avril 1991, Amstrad eut bien du mal à rassurer les développeurs et éditeurs en révélant que seules 12 000 consoles avaient trouvé preneurs ! S’en suivie une annulation en masse des projets en cours de développement, les éditeurs préférant se tourner vers des systèmes plus rentables et plus surs, comme les ordinateurs 16 bits (Atari ST, Amiga) et les consoles Sega et Nintendo.

Malgré les nombreuses campagnes publicitaires et les multiples annonces d’Amstrad, la fuite des développeurs continua de plus belle…Seules les baisses de prix successives (jusqu’à atteindre 399 francs avec deux manettes et un jeu!) permettront de maintenir un niveau de ventes minimum.

 

La fin d’une époque !

C’est ainsi qu’un peu plus d’un an après sa commercialisation et 150 000 exemplaires écoulés, Amstrad annonça l’arrêt de production de la GX4000 et de ses jeux ! Triste fin pour une des seules consoles européennes…
Mais l’histoire ne s’arrête malheureusement pas là…L’échec de la GX4000 et de la gamme CPC Plus entraîna Amstrad aux portes de la banqueroute et obligea la compagnie à abandonner tout projet informatique ou vidéo-ludique pour se consacrer à ses premiers amours : la HI-FI et l’électroménager.
C’est ainsi que vous pouvez encore trouver, de nos jours, des autoradios ou des décodeurs satellite de marque Amstrad !

Set Top Box Amstrad

Spécifications de la console :

Date de sortie : septembre 1990
Date de fin de production : décembre 1991
Processeur : Zilog Z80A à 4 MHz
Affichage graphique : 160×200 en 16 couleurs parmi 4096, 320×200 en 4 couleurs parmi 4096
Capacité sonore : 4 voies sonores en stéréo
Mémoire : 64 Ko
Connectique : prise casque, prise modem, sortie RVB, prise joystick, prise pour écran Amstrad
Manettes : 2 joypads au format ATARI comprenant une croix directionnelle et 2 boutons
Stockage : Cartouches
Jeux disponibles : 25
Prix : 990 F (208 Euros actuels) avec 2 manettes et 1 jeu (Burning Rubber), lors de sa sortie